t HOPITAL-LAQUINTINIE
+237 688 824 844

RUBRIQUES Jean George Bikanda

ACCUEILJean George Bikanda

Jean George Bikanda

l’homme qui fait des déchets hospitaliers, son affaire

.

Jean George Bikanda : l’homme qui fait des déchets hospitaliers, son affaire

Passionné par son métier, «le doyen» comme on l’appelle, prend le soin de collecter, trier et traiter les déchets produits au sein de l’hôpital Laquintinie. Son expérience lui a permis d’être en avant-garde, lors de la lutte contre plusieurs épidémies au Cameroun et à l’étranger.

Ce lundi, 28 octobre 2024, 7h30, balai en main, Jean George Bikanda, est déjà à l'ouvrage: mettre la propreté dans l’enceinte de l’hôpital Laquintinie. Le sexagénaire ne se fatigue pas. Après le balayage, c’est dans les salles d’hospitalisation et les blocs opératoires que ce Technicien Principal de Génie Sanitaire, poursuit sa journée. Jean George et son équipe collectent tous les déchets, qu’ils mettent dans les bacs à ordures correspondants. Lesquels sont, soit transportés par l'entreprise Hysacam pour les déchets ménagers, ou alors, détruits pour ce qui est des autres déchets.

Dilemme

Ce travail d’assainissement dans les hôpitaux, Jean George Bikanda le fait depuis au moins 34 ans. Lorsque l’ancien élève de l’école publique de Bipindi (Cep en 1975) entame son cursus secondaire, il n’est pas encore vraiment fixé sur ce qu’il souhaiterait devenir plus tard. Mais, le destin va sourire à l’ex-élève du lycée de Kribi (Bepc en 1979), lorsqu’en 1981, élève au lycée de Bafoussam, il passe avec brio son Probatoire D. «Alors que je suis en Terminale, l’Etat lance le concours des Techniciens du Génie Sanitaires, la 4ème promotion. Je compose et je suis parmi les 25 admis sur le plan national en 1982. L’année d’après, en 1983, j’obtiens mon Baccalauréat D, en cours du soir, que je faisais parallèlement à la formation de technicien en génie sanitaire. La formation dure trois ans jusqu’en 1985», renseigne-t-il.

Mais, ce choix n’a pas été facile pour lui. Car, cette année-là, deux concours sont lancés. Son cœur penche pour le concours de technicien d’aéronautique civile, dont la formation se passait en Haute-Volta, actuel Burkina Faso. Mais, son père l’oriente vers le concours direct des Techniciens médico-Sanitaire option Génie Sanitaire, lui qui était déjà un maniaque de la propreté. Nanti du Diplôme de Techniciens du Génie en 1985, sa carrière professionnelle peut commencer.

L’hôpital de District d'Obala est le premier à l’accueillir entre 1985 et 1990. Il y travaille comme Technicien Médico-Sanitaire, cumulativement avec le poste de Responsable du Service d'Hygiène et d'Assainissement de la Commune d'Obala. Il occupera les mêmes fonctions, entre 1990 et 1994, à l’hôpital de District et à la Mairie d'Efoulan. Idem à l’hôpital de District et à la Mairie de Yoko, entre 1995 et 1998. Les deux années qui suivent, il les passe à la Délégation Régionale de Santé Publique pour le Centre, comme point focal pour la lutte contre le choléra, avant d’être affecté à l’hôpital Régional d'Edéa, entre 2000 et 2005, puis au Bureau de District d'Edéa entre 2005 et 2011.

Collecte et tri des déchets

Ses états de service rassurent le Pr Louis Richard Njock, alors Directeur de l’hôpital régional d’Edéa. Mais, M. Bikanda est admis à faire valoir ses droits à la retraite. Son départ à la retraite coïncide avec la nomination du Pr Louis Richard Njock, comme Directeur de l’hôpital Laquintinie de Douala. «Je suis en retraite depuis 2 mois, lorsque le Pr Louis Richard Njock fait appel à moi et me propose d’être consultant d’hygiène hospitalière, au regard du degré d’insalubrité qui régnait à l’hôpital Laquintinie. Nous avons travaillé ensemble de 2019 jusqu’à ce qu’il soit nommé Secrétaire général du Ministère de la Santé publique. Et, avant son départ, il m’a présenté au Pr Noel Emmanuel Essomba, qui a accepté que je continue le travail avec lui, comme personnel d’appui, et que je m’occupe de l’entretien général de l’hôpital», relève celui dont son équipe et lui, se font appeler, "les patriotes de l'assainissement de l'hôpital Laquintinie".

À l’hôpital Laquintinie, il demeure en effet, Consultant des travaux d’hygiène hospitalière depuis 2019, affecté comme personnel d’appui au service d’hygiène et d’assainissement. «Ma première mission est de lutter contre les infections nosocomiales. Je dois donc enlever tout ce qui est déchet hospitalier à risque et rendre propre cet environnement de travail. Je m’occupe de la gestion des déchets liquides, des déchets tranchants et piquants, des déchets anatomiques et des déchets ménagers. Ces déchets sont collectés, triés, et traités », indique-t-il.

Ainsi, après collecte, les déchets ménagers sont mis dans le bac à ordures qui sera transporté par la société Hysacam. Les déchets anatomiques sont collectés dans les blocs opératoires. Ce sont notamment les placentas, hernies amputées des patients etc... Ces déchets sont mis dans un bac à ordures de couleur rouge. Les déchets tranchants et piquants sont mis dans les bacs à ordure de couleur bleu, les cotons et compresses imbibés de sang, sont placés dans des bacs correspondant. Les déchets piquants, tranchants et ceux imbibés de sang sont conduits vers l’incinérateur et sont incinérés. Les déchets anatomiques sont, quant à eux, enfouis dans une fosse perdue

Virus d’Ébola

Cette expérience, celui que le Directeur de l’hôpital appelle affectueusement «Doyen» l’a acquis au cours des nombreuses formations, stages et missions faites à l’étranger. Parmi elles, un stage professionnel de 9 mois au Togo, une formation au Maroc. Il a également été parmi les 5 Techniciens du Génie Sanitaire partis du Cameroun pour faire au Maroc, une formation sur l’élimination des déchets à risques infectieux dans le milieu hospitalier. Une formation au cours de laquelle, il a pu voir comment ce travail est fait dans trois hôpitaux. Notamment à l’hôpital de Casablanca, à Fez et à l’hôpital de Rabat, où il a passé plusieurs semaines. Il a également suivi une formation de superviseur encadreur du Vih Sida avec l’Unicef à Yaoundé. Au Libéria où il a fait 6 mois, il a contribué à la lutte contre le virus d’Ebola en 1999. Il a également été fortement sollicité dans la lutte contre le Covid-19 et les différentes épidémies de choléra, dont les cas ont été transférés à l’hôpital Laquintinie.

Lorsqu’il n’est pas à l’hopital, les week-ends notamment, le père de famille s’occupe de ses champs. Il y passe beaucoup de temps les samedi, précisément. Ses week-ends, il les passe également avec ses 4 petits-fils. Le dimanche, c’est journée repos. Assis devant son poste de télévision, il regarde les émissions de débat, les émissions de santé et les journaux. Reconnaissant, Jean George Bikanda ne manque pas de remercier le Pr Noël Emmanuel Essomba, Directeur de l'hôpital Laquintinie, pour la confiance placée en lui tout en lui, promettant d'être davantage rigoureux et assidu au travail.

IM/HLD

#LaquintinieAvecVous

!