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l'Infirmière douée qui rêvait de devenir journaliste ou magistrat
.Laurette AYABA ADIGALEDA KOLOKO NTIMBA : l'Infirmière douée qui rêvait de devenir journaliste ou magistrat
Déterminée, l’ancienne pensionnaire de l’école catholique Marie mère de Dieu d’Obala et nouvelle surveillante générale adjoint nº2 de l'hôpital Laquintinie a fait de la discipline et du travail bien réalisé, un leitmotiv.
C’est au pas de course que Laurette Ayaba Adigaleda Ntimba arrive à son bureau pour cet échange, le 19 juillet 2024. Elle est de supervision, et a donc une journée bien chargée. Lorsqu’elle commence à parler d’elle, celle qui occupe le poste de Coordonnatrice des soins dans le Département des Soins et Service Pluridisciplinaires de l’hôpital Laquintinie de Douala (Desplud) ne s’arrête presque plus.
Lorsqu’elle entame son cycle secondaire en 2000, un an après l’obtention, en 1999 de son Certificat d'études primaire et élémentaire (Cepe) au Cm1, à l’école catholique Marie mère de Dieu d’Obala, cette ancienne élève de l’Ecole publique d’Obala rêve grand. Elle veut devenir magistrat, journaliste ou encore médecin. De la 6ème en 3ème, au collège catholique Joseph Stintzi d’Obala, où elle obtient le Bepc, Laurette est régulièrement première de sa classe. Puis, il faut choisir entre la Seconde A et C. «On a toujours dit que la A c’est pour les faibles. Et moi, première de ma classe, je ne me voyais pas faire la Série A. C’est ainsi que je fais la Seconde C, et je vois s’envoler le rêve de devenir journaliste, ou magistrat comme 2 de mes oncles», raconte-t-elle.
Major de sa promotion
Laurette se focalise alors sur la médecine. Son père obtient l’agrément et ouvre une clinique. Elle y passe le clair de son temps libre, s’intéresse aux soins, aux campagnes de vaccinations, aux circoncisions. Il la forme. Lorsqu’elle obtient son Baccalauréat D au lycée d’Obala en 2007, c’est donc naturellement que la jeune bachelière se présente au concours de la Faculté de sciences Biomédicales (Fmsb) de l'université de Yaoundé 1, et de l’Ecole des Infirmiers des Techniciens Médico-Sanitaires et du Génie sanitaire (Eitms-Gs) de Yaoundé.
Elle s’inscrit également à l’université de Yaoundé I, filière biologie animale. Malheureusement, elle n'est pas admise au concours de l'école de médecine. Mais, les résultats des Infirmiers diplômés d'État (Ide), qui sortent peu après, lui sont favorables. Laurette est admise, mais ne le sait pas. Elle ne l’apprendra que deux mois plus tard, grâce à un ami de la famille. C’est ainsi que l’infirmière en herbe commence les cours avec deux mois de retard. Mais, elle n’est pas perturbée. Celle qui sortira major de sa proportion, la 36ème promotion, a déjà des notions et connaissances en soins infirmiers.
La formation dure trois ans, et s’achève en 2010. La même année, le Ministère de la Santé publique lance une enquête avec l’Intitut national de la statistique (Ins) sur l'incidence du paludisme dans les ménages. La jeune infirmière dépose son dossier et est retenue. Laurette fait la formation préliminaire à Yaoundé, puis, la formation approfondie à Douala. Fin 2010, on lance le recrutement des 25.000 jeunes. Son dossier est encore une fois retenu. Elle signe son contrat avec la fonction publique, le 19 octobre 2011, et est affectée à l’hopital de district de New-bell à Douala, où elle prend service le 29 mars 2012.
Meilleur personnel
Là-bas, elle est affectée au Service de pédiatrie, où elle passe 8 mois, dont 7 comme Chef d’équipe, puis en Maternité pendant deux ans, aussi, en Consultation prénatale où elle est formée comme prestataire de planning familial, et y passe 4 ans. Enceinte de son deuxième enfant, sa santé chancelle. Elle n’est plus ponctuelle à l’hôpital, et son directeur est intransigeant. Elle quitte l’hôpital de district de New-Bell, après avoir demandé l’affectation pour l’hôpital Laquintinie, où elle travaille jusqu’à ce jour.
Après sa prise de service le 12 mars 2018, elle est affectée au service d’Orl. «J’étais très réticente, parce qu’ayant travaillé en Pédiatrie, j’étais plus à l’aise avec les enfants, les bébés, les femmes enceintes. Toutefois, j’ai été très bien accueillie et me suis sentie tellement à l’aise que j’ai pensé à me spécialiser en Orl », souligne-t-elle. Ses performances professionnelles sont parlantes. Elle est élue "Meilleur personnel" du service à deux reprises: en 2020 et en 2021. Puis, nommée Major du service Orl pendant 9 mois.
Plus tard elle est désignée Major du Grand bloc opératoire (Gbo), pendant 8 mois, avant d’être portée au poste de Coordonnatrice des soins du Département de Pédiatrie, où elle passe 10 mois. Et depuis un an, elle est Coordonnatrice des soins du Département des Soins et service pluridisciplinaires. Ses efforts sont également récompensés par sa plus haute hiérarchie. Par décision datée du 14 juin 2024, le Ministrede la Santé publique, faisait d'elle, la Surveillante générale adjoint nº2 de l'hôpital Laquintinie.
Rigueur
La SG adjoint a le cœur à l'ouvrage. En tant que Coordonnatrice des soins, elle essaie d’avoir un droit de regard et d’être informée sur tout. Elle s'assure que l’activité des 113 personnels médico-sanitaires travaillant dans ce département se passe conformément aux directives de l’équipe de Direction. «Le coordinateur est le bras de la direction dans le service qu’il coordonne. Il coordonne l’activité infirmier en se rassurant chaque jour que le personnel est ponctuel, que les tâches dédiées à chacun, sont faites, que les rondes sont effectuées et à temps, que les patients sont bien suivis», liste-t-elle.
Le plus difficile dans son quotidien ? La gestion du personnel. «Je vérifie toujours ce qui est fait, parce que quand tu dis ce qui doit être fait, on le fait pendant un temps, puis, on retombe dans la facilité. Et quand tu vérifies, tu te rends compte que beaucoup n'a pas été réalisé, malgré les rappels. Il faut toujours rétablir vérifier, rappeler, répéter», développe-t-elle.
Et cette rigueur et droiture n'est pas appréciée par tous. «Je suis quelqu’un de très droit. Je n’aime pas les compromissions. J’ai ce problème même en famille. On me dit régulièrement que je ne sais pas faire de la politique. Si c’est blanc, je dis que c’est blanc. Si je ne veux pas, je dis que je ne veux pas. Dans la vie, comme dans le milieu professionnel, il y a beaucoup de tricheurs, et moi, je ne triche pas, je n’accepte pas la tricherie», fait observer celle qui ne manque pas de remercier sa hiérarchie, le Directeur de l'hôpital Laquintinie, le Pr Noël Emmanuel Essomba, et le Ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, pour la confiance placée en elle, tout en promettant d'en être digne.
Vie familiale
Sur le plan familial, Laurette est une mère et une épouse attentionnée. Bien que maman d’un bébé de 6 mois, elle est toujours présente au travail et à temps. Cela aussi, grâce à son époux qui l’accompagne tant sur le plan familial que professionnel. «J’ai un époux qui est très compréhensif. Quand je suis de supervision, il comprend. Quand l’enfant dérange toute la nuit et que je n’arrive pas à me lever tôt, il me demande d’y aller, et qu’il va s’occuper de l’enfant. Il m’accompagne beaucoup dans mes tâches quotidiennes», note-t-elle, visiblement émue.
Ses journées commencent à 5h, lorsque retentit le réveil. Une fois debout, elle apprête le goûter des enfants, prend soin du bébé avant de quitter la maison autour de 7h. Cette employée dévouée, dans la trentaine, passionnée de voyages et de lecture est systématiquement à l’hôpital chaque week-end, le samedi ou le dimanche pour s’assurer de la bonne marche du service dans le département. Et son rêve n’est pas fini. Elle veut poursuivre ses études.
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