t
ACCUEIL → Rofine Ida MBARGA
la « servante » des malades
.En ce vendredi on est heureux de vous présenter une de nos valeurs sûres. La Major du service de Consultations externes, est une infirmière expérimentée et dévouée à la tâche qui a été désignée meilleur personnel de l’hôpital #Laquintinie de #Douala en 2012.
Lorsqu’elle nous reçoit au premier étage du bâtiment qui abrite le service de consultations externes de l’hôpital Laquintinie, le 17 avril 2024, la porte de son bureau ne cesse de s’ouvrir et de se refermer. Le ballet incessant des infirmiers qui sollicitent Rofine Ida MBARGA, la major de ce service, témoigne de la charge du travail qui est sienne. Un travail qu’elle assume avec abnégation et fierté, malgré les contraintes et difficultés. « Je prends le service à 6h30 pour finir lorsque le dernier patient quitte le service. Donc, tout dépend de l’affluence. Et si on veut commencer à 7h30, il sera impossible d’atteindre les objectifs que nous a fixé le Pr ESSOMBA et qu’il attend de nous », note-t-elle, déterminée.
Le service des consultations externes s’occupe des patients qui viennent se faire consulter à l’hôpital Laquintinie, sans toutefois être hospitalisés. Tous les spécialistes sont disponibles pour les consultations. Néanmoins, un patient peut être admis en hospitalisation, si le médecin constate que son cas est inquiétant et qu'il nécessite d’être interné.
Quand Rofine Ida MBARGA arrive à 6h30, elle n’a pas de répit. « Quand il y’a déjà assez de patients, je descends et je les oriente. Je les renseigne selon qu’ils viennent pour un rendez-vous, pour la première fois, ou pour des examens. Nous avons deux salles de paramètres en consultations externes. Donc, quand les patients arrivent dans les salles de paramètres, on les reçoit et les ventile dans les salles de consultation », explique la major qui fait savoir que certains patients arrivent à l’hopital à 5h30 pour être parmi les premiers à être reçus.
Toute la matinée, la major est donc sollicitée pour diverses interventions par les infirmières ou par les patients, jusqu’à midi ou 13h, lorsque le nombre de patients a considérablement baissé. Elle peut alors voir dans quelle mesure faire le point sur le nombre de patients consultés par les différents médecins. « Nous pouvons consulter 300 patients en moyenne par jour, bien que certains jours, on consulte plus. Par semaine, nous sommes à 1200 patients, minimum », renseigne-t-elle.
Le travail est laborieux et stressant. Et il faut parfois répéter les mêmes choses à différents patients. « Quand vous avez face à vous un patient, il faut lui remonter le moral. L’accueil est déterminant pour la consultation. Si l’accueil est raté, la consultation est nulle, parce que le patient est frustré, et peut-être nerveux au moment de la consultation. Ce qui fait qu’il ne peut pas répondre sereinement aux questions que va lui poser le médecin », indique la Major.
Déterminée
S’occuper des patients, Rofine Ida MBARGA le fait depuis 29 ans. Elle a d’ailleurs toujours rêvé de s’occuper des personnes malades. « J’aime mon métier depuis mon enfance. C’est ma passion. Toute petite, j’ai toujours rêvé être infirmière ou médecin. Lorsque mes parents me demandaient ce que je voulais faire après les études, je leur répondais que s’il y a l’argent, je continuerais en médecine. Et au cas contraire, je deviendrai infirmière, ou ce qu’ils vont me proposer, à condition que ce soit dans la santé », se souvient cette mère de famille. C’est ainsi qu’après l’obtention de son BEPC elle fait des études en soins infirmiers à l’Ecole Catholique de Nsam à Yaoundé, où elle obtient le diplôme d’infirmiers adjoint en 1995. Après quoi, elle entre directement en stage de perfectionnement dans les hôpitaux publics.
La jeune fille qu’elle est alors commence comme stagiaire de perfectionnement à l’hôpital de district de Mbankomo de 1997à 2001, où j’ai fait 4 ans ; ensuite à l’hôpital de district d’Efoulan de 2001 à 2005, où elle a reçu le prix de meilleure infirmière. Elle arrive à l’hôpital Laquintinie en 2006 toujours comme stagiaire de perfectionnement. En 2010, elle fait partie des infirmières qui sont contractualisés, avec matricule. Sa détermination au travail est reconnue une première fois en 2012, lorsqu’elle est désignée meilleur personnel de l’hôpital Laquintinie de Douala ; puis une deuxième fois en 2018 lorsqu’elle est nommée major adjoint au service Vip haut standing Samuel Kondo. Elle occupera ce poste pendant deux ans avant d’être nommée major de 2021 à 2023 au pavillon Samuel Eto'o puis major en Consultations externes, depuis l’an dernier et où elle exerce jusqu'à présent.
Travail à la maison
Mais, la tâche n’est pas facile. Quand un medecin est empêché pour une raison ou une autre, c’est sur la major que les patients expriment leur mécontentement et parfois de façon bruyante. « En plus lorsque les tickets sont périmés, certains patients viennent nous voir pour obtenir la faveur d’être consulté malgré la non-validité de leur ticket. Lorsque les infirmiers leur demandent de payer avant toute consultation, le ticket en consultation externe étant valable pour 2 semaines, ils se fâchent », fait savoir dame MBARGA. Les problèmes, c’est également avec les patients âgés, mais aussi avec les jeunes qui ne lisent pas les documents qu’on leur donne à l’hôpital.
Un travail qu’elle est régulièrement obligée de poursuivre jusqu’à la maison. « Le travail du majorat en consultations externes n’est pas de rester au bureau. Notre travail est de marcher, accompagner les patients chez les médecins, se rassurer que tout va bien, rassurer les patients mécontents. Il m’est donc difficile de remplir les documents à l’hôpital. Je suis donc obligée de les emporter chez moi pour avancer dans mes tâches professionnelles », explique-t-elle. Une intrusion de la vie professionnelle dans la vie familiale que son mari et ses enfants supportent bien heureusement. A en croire cette mère de famille, son époux et ses enfants comprennent son rythme de travail. « Mon mari sait que je passe le clair de mon temps à l’hôpital. Les enfants aussi le savent et sont adaptés à ce rythme de vie », dit-elle. Ce qui ne l’empêche toutefois pas de s’occuper d’eux et de son foyer autant qu’elle le peut.
Rofine Ida MBARGA aime regarder le journal et pratiquer le sport avec ses enfants.
I.M/ Hôpital Laquintinie
!