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ACCUEIL → Cyrille Edouka
La “bibliothèque” des paramédicaux de l'hôpital Laquintinie
.En service depuis 34 ans, celui qui vu passer 8 Directeurs dans cette formation sanitaire compte parmi les plus anciens. Disponible et travailleur, il s’attèle aujourd’hui à transmettre son expérience à la jeune génération d’infirmiers.
Cache-nez plaqué sur le visage, vêtu d’une blouse de couleur verte, Cyrille Edouka, ce mardi 04 juin 2024, arpente les différents bureaux et salles du Service d’Imagerie Médicale de l’hôpital Laquintinie de Douala. Le service est en chantier. Des travaux qui devront permettre de lui donner un nouveau visage et rehausser son plateau technique. Et le Coordonnateur du Service d’Imagerie Médicale veille à ce que les patients soient bien servis et que médecins et infirmiers vaquent sereinement à leurs occupations.
«Veiller à ce que tout se passe bien en imagerie, c’est ma mission principale lorsque j’arrive à l’hôpital Laquintinie. Ce matin, j’ai vérifié les registres pour voir s’ils sont à jour dans les différentes salles. Je me suis assuré de la passation de service. J’ai passé en revue le travail des médecins et des techniciens, pour voir les salles prêtes et m’assurer des médecins et techniciens en imagerie qui vont travailler». Il est ensuite allé à la restitution qui commence à 8h30 minutes et qui dure au maximum 1h30. Revenu de là, le "doyen" fait les tours entre les différents pools d’activités pour s’assurer que tout va bien.
Sa tâche consiste aussi à s’assurer que les malades sont servis à temps, qu’il n’ya pas de plainte. Un travail qu’il fait tous les jours jusqu’à 18h ou 20h parfois. Mais en tant que Coordonnateur des soins, son travail est bien plus vaste. «Coordo Edouka », comme on aime à l'appeler, veille à ce que, chaque matin, les superviseurs de nuit lui rendent compte des activités de leur garde.
«L’hôpital a 9 coordonnateurs. Et chacun a sa semaine de supervision. Pendant votre semaine de supervision, vous êtes le petit Directeur, comme notre Directeur aime bien nous le dire. Donc, les décisions sur le plan administratif et technique sont prises par le Coordonnateur qui supervise la semaine», fait-il savoir.
Les Coordonnateurs ont un matériel de travail disponible et des cachets pour apposer sur des documents qui permettent de déclencher la prise en charge. Notamment, pour les patients qui arrivent et disent n’avoir pas encore de l’argent pour les soins. «La Direction a donc mis sur pied un système permettant la prise en charge de ce dernier en attendant que sa famille arrive», explique Coordo Edouka. Un travail fastidieux, mais, passionnant.
Major de sa promotion
Une passion qui est née alors qu’il n’était encore qu’un gamin, grâce à son oncle, secouriste. Séduit par les interventions de ce parent, l’enfant qu’il était a nourri secrètement ce rêve de faire comme lui. Cyrille Edouka va effectuer son cycle primaire à l’école publique Mbarémbeng, son village et la première partie de son cycle secondaire au Collège d’enseignement secondaire (Ces) de Melong (devenu plus tard lycée de Melong). Il ira ensuite au lycée Manengouba, où il est inscrit en classe de Seconde et en ressort trois ans plus tard, nanti de son Baccalauréat A4, en 1986.
Ce digne fils de Nkongsamba dans le Département du Moungo, Région du Littoral, va ensuite se présenter en 1987, à trois concours: celui des Inspecteurs de police, celui des Instituteurs et celui des Infirmiers diplômés d’Etat (Ide). Admis aux trois concours, le jeune bachelier choisit la profession paramédicale. L’infirmier aspirant sort alors Major de sa promotion. «À l’époque, les 5 premiers de ce concours avaient un privilège. Le Ministère de la Santé Publique leur demandait où ils voulaient être affecté. Et comme je suis de Nkongsamba, j’ai demandé à travailler à l’hôpital Laquintinie, étant donné que ce n’est pas loin de Nkongsamba», renseigne celui qui a fait sa formation à l’Ecole des Infirmiers diplômés d'État (Ide), basée au sein de l’hôpital Laquintinie de Douala.
Multifonctions
Au sortir de sa formation en 1990, il y est donc affecté comme Infirmier. Un hôpital qu’il n’a jamais quitté, 34 ans plus tard. Coordo Edouka, pendant sa carrière, a vu passer 8 Directeurs et travaillé dans pas moins de 12 services dans lesquels il a également été Major. «Le service d’imagerie médical est le 12ème service dont je suis le responsable», note-t-il. Après sa sortie de l’École des Ide, Cyrille Edouka est affecté à l’Unité de Médecine Conventionnelle des soins, puis au Service mixte (Petit Payant), au Pavillon Samuel Kondo (Psk), au Service d’Oncologie en 2000, où il est fait "Meilleur personnel", aux Services de Cardiologie, Ophtalmologie, Pédiatrie, au Bloc opératoire, au Service de plâtre, aux Urgences Médico-chirurgicales, au service des Archives, Coordonnateur au Laboratoire et Coordonnateur de l’Imagerie Médicale en 2020.
Un parcours riche en formations. L’infirmier qu’il est a également reçu des formations de plâtrier. Il a aussi été formé comme Instrumentiste et Aide-chirurgien opératoire au bloc opératoire, en Cardiologie, en Écho électrocardiogrammes, afin d’être à même de placer des électrodes sur les patients pour faire son examen avant de l’envoyer chez le Cardiologue pour interprétation. Une autre formation et non des moindres, celle d’Opticien en Ophtalmologie pour le service de montage des lunettes de l’hopital Laquintinie, où il a aussi appris la réfraction et fait également les accouchements, les consultations prénatales…
Transmission
Parvenu presqu’au soir de sa carrière professionnelle, ce chef de famille pense à assurer la relève. «En termes de personnel soignant, je suis l’un des plus anciens. Et en tant que tel, nous demandons aux nouveaux de bien faire leur travail, de le faire avec amour, d’aimer ce qu’ils font. Et que, lorsqu’on travaille bien, on est toujours récompensé», note cet Ancien d’Eglise de l’Eglise Évangélique du Cameroun (Eec), Paroisse de Yassa. Pour ce fervent croyant, les récompenses peuvent être divines ou matérielles. Il appelle également les jeunes infirmiers à ne pas regarder l’ingratitude à laquelle font face le personnel médical, mais les exhorte à rester professionnels et avoir cette satisfaction morale de voir le patient guéri et debout.
Un choix assumé
Coordo Edouka se réjouit d’avoir une carrière bien pleine et bien faite. «Si j’avais choisi la police, je serais aujourd’hui Commissaire divisionnaire au regard de ma discipline et de ma pratique du sport. Mais, je n’ai aucun regret. Vraiment aucun», martèle-t-il. Sa satisfaction tient également du service qu’il rend aux malades, et aux siens, dans son village. «On a toujours besoin de moi. Quand je vais au village, généralement, je fais dans le social. J’organise des campagnes de circoncision. Je passe le message à l’église et les enfants sont circoncis à vil prix. Je circoncis une trentaine d’enfants par campagne. Quand un enfant du village pose un tel acte, les bénédictions abondent», note le quinquagénaire.
Distinctions
Cyrille Edouka a été élevé en 2016, au rang de Chevalier de l'Ordre de la valeur, et en 2021, Officier du Mérite Camerounais. Ce père de quatre (4) enfants, et dont la fille est sage-femme, a su transmettre sa passion à ses enfants. Etre infirmier est certes contraignant. Mais, sur le plan familial, ce père de famille a su s’organiser. Et pour ce qui est des difficultés sur le plan professionnel, «les difficultés ne manquent pas, mais, on parvient à gérer », lance-t-il.
IM/ Hôpital Laquintinie
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